Cédric Girard

aspirant auteur : tentatives de nouvelles et prochainement romans

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Journal d'un aspirant écrivain

Erwin le rêveur - Hurl

Feuilleton hebdomadaire sur une histoire d'heroic fantasy

Sommaire -  << Aérien -  Combat >>  
 Page 13 sur 28

— Oui, compagnon, je fais bien attention, répondit-il avec un sourire.

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Le lendemain passa de même, et plusieurs jours suivirent. La route était monotone, les nuits froides. Argon menait toujours le convoi, tous les sens en éveil, souvent accompagné d'Erwin. Ils parlaient peu, évoquaient quelques souvenirs communs, riaient ensemble. Erwin s'exilait parfois à l'arrière-garde, d'où il pouvait voir Erza. La nuit, elle prit souvent sa garde en même temps que lui, fascinée par tout ce qu'il savait du peuple Aérien, de ses coutumes, de ses légendes. Ce que son grand-père ailé lui avait raconté différait souvent à plusieurs titres de ce que connaissaient les gens du commun, et ses récits étaient plus précis. Une nuit, elle obtint d'Erwin qu'il s'envole avec elle. Il la prit dans ses bras, fins et fermes. Elle serra son torse, affirma sa prise quand les ailes les soulevèrent sans effort. Ses pieds s'agitèrent un peu, jusqu'à ce qu'elle calme son cœur et sa respiration. Elle sentait dans ses mains la vibration qui courait dans le dos de l'homme. Erwin s'éleva à une dizaine de mètre au dessus du camp, et sous la clarté des étoiles qui éclairait faiblement leurs visages, il l'embrassa. Elle eu un mouvement de recul, surprise par le contact doux, avant de rendre le baiser. Le silence était total, hors le léger vrombissement qui les maintenait en l'air. Une fois redescendus, leur discussion fut plus tendre que les jours précédents, plus concentrée sur leurs histoires passées, entrecoupées de petits baisers silencieux.

— Tu disais que ces lames viennent de ton maître ?
— Elles symbolisent l'intrication du rêve dans la réalité, leur nature profondément mêlée.

Elle passa deux doigts timides sur l'or, sentant le tranchant du métal à la lisière de la peau. Les lames ne dépassaient pas des pommettes, et formaient juste une légère aspérité sous la pulpe des doigts.

— Cela ne te fait pas mal ?
— Elles sont sur mon visage depuis si longtemps que je n'y pense même plus.
— Ce n'est qu'une décoration ? Elle reprit sa phrase. Un symbole ?
— Pas uniquement. Elles contiennent également un puissant enchantement qui tranche le lien avec le monde du rêve si je suis incapable de revenir à la réalité. Je n'ai eu à m'en servir qu'une seule fois, dans mes jeunes années. C'est une expérience terrible qui me laissa sans force pendant plusieurs jours.

Elle le regardait, impressionnée, comme un trésor fabuleux qui ne pourrait jamais lui échoir. La tristesse ne quitta pas son regard jusqu'au coucher.


Encore un lendemain, encore un jour à parcourir la steppe qui se faisait de plus en plus sèche. Le convoi cheminait tranquillement, les moines bavardaient avec la famille. Même Longine y allait de son commentaire. Argon tourna brutalement la tête à gauche, se dressant sur les étriers sans arrêter son cheval.

— Qu'est-ce ? demanda Erwin en regardant dans la même direction. Je ne vois rien encore.
— Quelque chose de lourd qui court vers ici. C'est massif et rapide. Il vaut mieux ne pas l'attendre. Au galop, danger, hurla-t-il pour les autres.

Ygritte lança ses chevaux instantanément, suivie par les moines.

— Il y a un roc dressé droit devant, cria le guerrier à Erwin. Nous devrions y trouver une grotte, elles sont fréquentes dans la région, et un point en hauteur ne nous desservira pas. Pars devant chercher l'abri, je reste derrière pour les protéger.

Erwin fit accélérer son cheval, droit sur le promontoire, disparaissant à la vue des autres. Argon ralentit, se laissa doubler en les exhortant à se presser, et se plaça juste derrière le chariot. Erza et son jeune frère se tenaient aux arceaux. Quelques malles tombèrent, roulant dans la poussière. C'était là sans commune mesure avec le danger qui approchait. Se retournant, il distingua un nuage de poussière à leur gauche. Cela approchait vite, quoi que ce soit. Et risquait de leur couper la route avant qu'ils n'atteignent la colline. Un seul monstre pouvait soulever autant de poussière avec cette vitesse. Saisissant son amulette, il tendit son esprit vers Erwin.

— C'est un hurl. Presse-toi !

La sueur perlait à son front. Était-ce la télépathie, la course folle, ou l'approche du mastodonte ? La route de la bête allait couper la leur. Il força son destrier, remontant rapidement au niveau de Pélane.

— Énorme bestiau en approche, freine le !

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31/10/2014 - Cédric Girard